Die Kreatur

16 juin 2010

[ En écoute : R+ Du riechst so gut ]

 Encore un texte de l’un de mes cahiers. Toujours sous copyright. Pour plus de préçisions sur le copyright, merci de me joindre via messagerie privée.

***

C’était dans ce bois. Celui-ci précisément. Il était sans âge.  La vie l’avait marqué et lui avait appris suffisamment, il était donc vieux d’avoir trop vécu, tout en étant jeune. Sans âge, vous dis-je.


Pourquoi s’était-il aventuré ici ? Simplement pour la beauté et la splendeur du décor. Son silence aussi. Et parce qu’il était seul. Et qu’après bien des épreuves, la solitude était devenue sa meilleure et plus fidèle compagne. Il avait fini par comprendre que ce ne sont pas les lieux déserts mais ceux peuplés qu’il faut craindre. Il marchait seul et serein.
Pourtant, bien avant son entrée dans le bois, la bête l’avait senti. Il l’avait tirée d’une longue hibernation, le goût du sang lui était remonté en bouche dans le même temps que ses yeux s’étaient ouverts. Elle avait bien voulu essayer de résister, mais la pulsion et le goût du sang étaient bien trop forts.
Quelque chose dans son odeur l’attirait irrémédiablement. Il était déjà blessé. Il était… facile . Et déjà perdu.


Alors, sa traque commença. D’un bond, elle se propulsa hors de sa tanière, et, avec une agilité et une vitesse fulgurantes, le sang la guidant, elle fonçait à travers bois sans que rien ne puisse faire obstacle à son passage.
Tout dans ce bois aurait pu le mettre en garde. Les arbres déracinés et morts lui barrant la route, les orties, les ronces lacérant plus ou moins profondément par endroit sa peau. Et ce silence.. envoûtant, ennivrant.Comme une promesse..
Mais il perséverait à avancer dans ce bois, après tout, c’est essentiellement à cela que se résumait sa vie.
Elle fut sur lui avant même qu’il ne s’apperçoive à quel point il s’était enfoncé.
Là, dans cette clairière, près du ruisseau où il se désaltérait, juste en face de lui, elle se tenait droite, carnassière.. Assassine.
Il cessa alors tout mouvement. La vue que lui offrait la créature le subjuguait. Il avait un peu peur, mais elle était si belle.. si.. douce ! On eût dit que le ruisseau lui-même lui tenait un silence respectueux.
Ils s’observèrent quelque instant. Son regard s’abîma dans le sien.
Puis, sans brusquerie aucune, elle s’anima. Lentement, féline, elle s’avança vers lui. Goût métallique violent au palais, elle tenait son objectif. Et il ne s’échappera pas non ! Il est fait ! Regardez-le se redresser, malheureux !!
Ils s’approchèrent l’un de l’autre. Croyant l’apprivoiser, il tendit une main mais la créature recula. C’était elle qui tenait les renes, c’est son jeu, ses règles dans cette danse macabre.
Quand à nouveau il abandonna tout espoir, elle consentit à s’approcher. Ils jouèrent un moment dans la clairière. Elle s’offrit à lui, et il pu asseoir tout sa domination d’homme sur elle. Devenue douce et docile, il l’appela « son amie ». 
Et bientôt, la lune fut témoin de cette cruelle amitié. Alors, sincérement, il lui fit la promesse de toujours rester auprès d’elle. Elle le savait tout à elle, et la lune déclinait.
Couchée sur le flanc, placide et soumise entièrement à la volonté de l’homme, la créature le laissa jouer. Elle attendit qu’un trait orangé apparaisse sur l’horizon.
Rassemblant alors ses muscles en une masse compacte, elle patienta afin que l’homme lui tourna le dos.
Alors, d’un bond aussi vif que silencieux, les mâchoires sur sa nuque, elle le plaqua au sol. Il fut surpris et la violence du choc lui coupa la respiration, un cri restant bloqué entre son coeur et sa gorge au moment où elle le retournait.
Ses mains griffant le sol à la recherche d’une prise, il fit face à son regard. Comment avait-il pu être aussi naïf ?!
Mais son visage ne l’intéressait pas, elle lacérait profondément la poitrine, à la recherche du coeur. Il le sentit partir lorsqu’elle lui arracha enfin alors qu’il fixait l’aube.
Elle le mâcha longuement, le regardant avec tendresse. Cela n’était pas contre lui, il lui fallait bien un coeur à elle aussi. Mais la créature ne pouvait en posséder ainsi. Alors elle vomi.
Blessée et déçue, elle jetta un regard froid sur l’homme à l’agonie avant de faire demi-tour. Ca n’était encore pas le bon. Et l’homme ne voulait pas en croire ses yeux. Piégé et le coeur arraché, il la supplia du regard une dernière fois de l’achever. Mais elle en avait terminé avec lui.
Un long hurlement retentit dans le bois. Quelques oiseaux effrayés s’envolèrent dans tous les sens, déboussolés. Puis plus rien.
Le thorax défoncé, les yeux écarquillés au soleil, la bouche figée en un rictus spécifique, après une lente agonie, il était mort, entre mare de sang et vomissures…

 

 

Ne vous fiez pas aux apparences, il ne s’agit pas là d’une créature qui a tué un homme…

Lorsque je dors, ne me réveillez plus. C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour ne plus penser…

15 juin 2010

Parfois, j’aimerais partir loin, très loin…

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Mais certains de mes proches ont besoin de moi…

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Alors, je continue…

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Merci pour vos commentaires, ils sont nombreux, mon compteur de visites a explosé hier. Je vous valide sans vous répondre ce soir. Qui dit orage en altitude, dit problèmes de connexion. Merci de votre compréhension. Raphaël

En silence

14 juin 2010

[En écoute : R+: Mein Herz brennt]

Comme promis, je vous partage l’un des textes de l’un de mes cahiers. Je vous aurez prévenus, c’est un univers très noir et très glauque. C’est une partie de ma personnalité qui ne s’exprime que sur papier, donc ne vous étonnez pas. Rien à voir avec mon moral, qu’il soit bon ou mauvais, j’écris quasiment toujours ainsi. J’ai tout de même fait une petite sélection et évite de vous coller d’office des textes traitant d’inceste ou autre ( sinon, vous allez tous vous suicider Rire). Pour commencer donc, ce sera du court et simple. Mes textes ont plusieurs sens, mais je ne vais pas vous donner mon analyse, je préfère que chacun se l’interprète et se fasse son idée. Je crois qu’il est inutile de préciser à nouveau qu’un copyright est déposé…

 ***

Tout est resté figé depuis ce jour. La pile de magasines a pris la poussière. Une toile inachevée trône au beau milieu d’un jardin d’hiver dont les plantes sont mortes, asséchées et brulées par un soleil se montrant violent au travers d’une vitre.Il n’y a aucun bruit. Dans l’évier, de la vaisselle sale, et une odeur pestilentielle emplit les narines. Quelques mouches ça et là. Une casserole trône sur une cuisinière, dont le contenu n’est plus identifiable. Une tasse de café dont le restant semble s’être solidifié trône sur une table, emplie de rond de café justement. Un paquet de biscuits entamés et quelques mites. Un livre posé ouvert, sur la tranche. L’odeur de la poubelle est pire encore que celle de l’évier, mais ce n’est pas la pire des odeurs.
Une épaisse couche de poussière semble s’être déposée partout, et s’élève en nuage à chacun des pas fait dans la demeure.
La porte de l’armoire est entrouverte, le tiroir des couverts également. Une longue flaque d’eau entoure le réfrigérateur. Des marques concentriques sur le carrelage poussiéreux et ébréché laissent deviner qu’elle devait être beaucoup plus imposante il y a longtemps.
Sur la droite, la salle de bain semble dans le même état. Une serviette dont les plis ont durcis trône sur le sol. Le fond de la baignoire est emplit d’un calcaire jaunâtre. Une machine à laver est ouverte et contient un linge pourrissant. Quelques insectes y ont élus domicile.
L’eau des WC a un niveau bas, et les cercles montrent à quelle vitesse cela s’est évaporé. Le haut le cœur prend vite tant l’angoisse ressert la gorge. Mais il faut continuer.
Sur la gauche, une chambre.
Un lit défait, contenant le creux marqué d’un corps resté alité longtemps. Les draps ont jaunis et les volets laissent filtrer un fin trait de lumière. Il y a des livres là aussi, et un piano. Quelques touches sont manquantes, il est recouvert lui aussi de poussière. Ce devait sûrement être un magnifique piano à queue, avant.
La lumière se reflète sur l’une des cordes lui donnant un éclat particulier.Comme une supplication pour vibrer là où plus rien ne bouge. Il donne presque envie de l’effleurer, de le faire revivre.
Au pied du lit, un cendrier plein. Et des mégots à même le sol tout autours. Des éclats de verre, un restant de miroir et de boîte à musique. Un simple effleurement du pied, et la voilà qui revis malgré tout dans cette maison morte. Sa mélodie aigüe et mélancolique, rendue fausse par son état, emplis le silence et semble être atténuée par la lourdeur de la poussière. Mais elle est prenante, lancinante, et presque inquiétante, elle emplis les oreilles et fait quitter la pièce et traverser le long corridor en courant. Dans ce salon, on l’entend moins.
Le sang bat aux tempes, on pourrait se surprendre à rire de se faire des peurs pareilles pour une boîte à musique, mais la maison est si calme, si silencieuse.
Stupeur.
Il est bien là, dans cette maison qui s’est arrêtée. Assis sur un fauteuil, le regard figé et presque vitreux. Un verre à la main, affalé et raide, il semble regarder la porte, guettant une arrivée… Trop tardive ?
Il ne semble pourtant pas réagir à cette arrivée, et en effleurant sa main du bout des doigts, son corps resté magnifique s’écroule tout à coups comme un château de cartes, ne laissant sur le fauteuil qu’un minuscule tas de poussière. Le verre tombe dans un bruit étouffé sur le tapis et roule, avant d’arrêter sa course contre le pied de la table en fer forgé. Personne ne sera témoin de ce regard écarquillé emplis de terreur à la vue du corps qui s’est évaporé à une vitesse fulgurante…
Son corps, son regard et sa présence était si réelle, si vivante, qu’il est à peine croyable qu’il est disparu et que ce soit là, la dernière image de lui.
Il est parti comme il est venu, en silence et seul.

 

 

Inspiré du décès de mon père, et d’une funeste histoire rapportée par ma grand-mère paternelle lorsque j’étais tout petit.

Die Liebe ist für alle da ? ( Nicht für mich)

13 juin 2010

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ROTER SAND (Sable rouge )

Un amour une promesse
J’ai dit que je reviendrais auprès de toi
Mais je dois casser cela
Sa balle reste en moi
Un amour deux pistolets
Une cible sur ma tête
Il m’a dit que je t’avais volée
Que tu m’aimes
Il ne le sait pas

Sable rouge et deux cartouches
Une meurt par le baiser de la poudre
La deuxième ne devrait pas épargner sa cible
Elle est désormais emprisonnée au fond de ma poitrine

Un amour une promesse
Ah, le sang coule hors de la bouche
Et personne va me ramasser
Je m’approche du sol
Un amour deux pistolets
Un pouvait tirer plus vite
Seulement je n’étais pas celui là
Maintenant tu lui appartient

Sable rouge et deux cartouches
Une meurt par le baiser de la poudre
La deuxième ne devrait pas épargner sa cible
Elle est désormais emprisonnée au fond de ma poitrine

Sable rouge et colombes blanches
Se rafraichissant dans mon sang
A la fin il y a bien une fin
Je suis tout de même bon à quelque chose.

Sable rouge et deux cartouches
Une meurt par le baiser de la poudre
La deuxième ne devrait pas épargner sa cible
Elle est désormais emprisonnée au fond de ma poitrine

 
 

Arrêtez donc de vous faire du soucis, je suis déjà mort.

Le jour où … j’ai eu un gros coup de pression

12 juin 2010

Je reprend ce blog maintenant que je suis rentré en vous racontant simplement une partie de cette journée. Parce que j’écris avant tout pour moi et que je n’ai pas envie de revenir sur mon hospitalisation ou autre. Pour ce que cela vous intéresse de toute façon.. Réveil difficile, c’est dingue le nombre d’heures de sommeil que j’ai enchaînées depuis la veille… La perfusion passe pendant que, musiques aux oreilles, j’écris. La journée s’annonce relativement calme, juste le passage à cette exposition qui me stresse un peu. C’est en ville, il va y avoir du monde. De toute manière, je n’y vais qu’une petite heure, car cela engendre trop de fatigue, et debout, pas en fauteuil roulant car cela engendre trop de regards.

Au fur et à mesure que le temps passe, je n’ai plus envie d’y aller. Mais mes amis y sont, ma mère y est allée alors.. Je recule simplement l’heure, pour au final me dire que je passerais en fin d’après-midi. Cela m’occupera, je cogite trop, une fois de plus.

Un coup de fil me ramène à la réalité, on m’attend, il y a énormément de monde, on risque d’avoir du mal à se trouver une fois dans la galerie..

Je crois que je ne me suis jamais habillé aussi vite. Nous partons en laissant dans le coffre de la voiture mon fauteuil roulant, heureusement par ailleurs!

Une fois sur place, je passe par derrière, effectivement, la galerie est pleine. L’exposition est belle, tout est parfaitement entreposé. J’aperçois la directrice au loin en train de discuter, et une main se pose sur mon épaule. Mes amis sont là depuis une éternité, ils attendaient d’avoir mes premières impressions avant de partir. Ils sont crevés qui plus est. Je suis halluciné par la quantité de jeunes, gothiques, présents. En même temps, avec un thème tel que «Mort et solitude», je ne devrais pas être étonné.

Nous parlons un bon moment, je fais l’erreur d’accepter une petite coupe de champagne, mais bon, beaucoup sont là, un verre à la main alors..

Yvan est reparti sans même que je le sache, ce qui va s’avérer quelque peu problématique rapidement. Le verre, que j’ai pourtant bu très doucement, me donne, mélangé aux médicaments divers, de sacrés effets. J’ai subitement l’impression que le sol sous mes pieds n’est plus droit mais qu’il descend en pente sur ma droite.. Les sons me viennent bizarrement, une drôle de sensation à la limite de l’engourdissement me prend les bras et les jambes.. Bordel de merde, je suis bourré !

Je ne montre cependant rien, je meurs de chaud, quelle idée d’avoir mis ce pantalon de costume et cette chemise en soie, tout en noir, je crève littéralement… Je demande à ce que nous allions nous asseoir un moment. Mon téléphone vibre dans ma poche. Et, allez savoir pourquoi, je sais que c’est ma mère..

Ma grand-mère n’a pas le moral, elle ne mange pas car elle a peur de vomir.. Et… bien que la veille on m’ait dit de ne pas venir le week end car tout le monde allait le faire, personne à part ma mère n’est allé la voir. Je suis hors de moi, et le fait d’être à l’ouest avec les médicaments combinés au champagne, je gueule dans la galerie, ne prenant pas vraiment tout à fait conscience que tout le monde me regarde…Je lui dis que j’arrive immédiatement, le temps de rappeler Yvan. Ce que je fait tout de suite avant de sortir devant la galerie fumer une cigarette accompagné de mes trois amis encore présents. Je suis dans une colère monstrueuse, et je sais que cela peut mal se terminer car dans ces cas-là, je ne sais me contrôler… Mes amis restent silencieux, un silence prudent car ils savent qu’un rien pourrait me faire perdre le contrôle. Lorsque j’arrête de parler, ce n’est jamais bon signe…  Ma mère me rappelle afin de me dire que ma grand-mère a de nouveau de la morphine, et qu’on lui a injecté un anti-vomitif. Que l’infirmière lui a expliqué qu’il faut se forcer un minimum a manger ( je connais le refrain.. ) et me demande où je suis…

J’explose : BORDEL JE SUIS AUX BEAUX ARTS, YVAN A PAS L’AIR DE BOUGER SON CUL MERDE !!!

Tout le monde me regarde à nouveau, je rappelle Yvan parce que là, je fulmine, et il me dit : je fini ma cloppe, je me rase et j’arrive.
Je ne sais pas, honnêtement, comment je fais pour ne pas exploser. Il m’indique qu’il sera là à 16h30, il est 16h, je regrette amèrement d’être descendu à cette exposition mais en même temps, je n’avais guère le choix. Qu’il ose me dire qu’il prend le temps de fumer et de se raser ( pourquoi ne l’a-t-il pas fait quand il m’a amené alors?? ) avant de venir me chercher me met les nerfs en pelote. Je me lève pour revisiter la galerie, change d’avis, fait demi tour et me rassoie sur le banc, m’allumant à nouveau une cigarette.. Et je meurs toujours de chaud…  Une gothique sort et vient se poster à côté de moi, et me pose tout un tas de question sur l’exposition, me donne son avis, me demande ce que j’en pense. Je ne sais plus très bien mais je crois que je l’aie envoyée balader. Yvan arrive à 17 heures, je crois que je suis tellement au bord de l’explosion que c’est ce qui fait que je ne dis rien… 

Enfin, nous partons direction l’hôpital, à l’autre bout de la ville.. Et comme toujours là-bas, le parking est plein, nous nous garons loin et prenons le fauteuil pour y aller ( génial, tout le monde croit que je viens pour moi… ).

Et enfin, je peux prendre place aux côtés de ma grand-mère, qui, avouons-le ( il est très moche ce mot tiens ! ), n’a pas bonne mine. Mais, à force de discuter, j’arrive à lui faire retrouver le sourire, à la remotiver. C’est au final très bête, toujours les mêmes phrases, les mêmes gestes. Je sais que je ne suis pas quelqu’un de tendre, ou de « câlin », je suis relativement froid même avec ceux que j’aime, alors je sais que certains de mes gestes la surprennent car elle n’y est pas habituée, mais surtout la touche beaucoup. Ma main dans la sienne cet après-midi. Main sur laquelle elle s’est refermée pour ne plus me lâcher, main grâce à laquelle elle.. a accepté de manger..

Sans avoir besoin de me mettre dans tous mes états ou de m’énerver comme le fait ma mère ( parce qu’il faut être honnête, cela ne sert à rien à part énerver ma grand-mère elle-même ), simplement lui tenir la main, lui expliquer que je sais ce que c’est. Que oui, la peur de vomir coupe la faim, que oui, rien ne fait envie et rien ne passe,que oui, le goût pâteux qui reste en bouche est simplement immonde, que oui, ce n’est pas trop grave puisqu’elle aussi a droit au fameux G5, mais tout de même, c’est toujours ça de pris pour pouvoir sortir de là.
Caresser son pouce avec le mien le long de cette conversation et la voir,de l’autre main, prendre une cuiller ( non il n’y a pas de faute, je l’écris comme je le prononce car je ne dis jamais « cuillère » les deux écritures sont admises) et manger un peu de soupe, et un peu de purée.. Trancher la tranche de jambon en deux et faire moitié-moitié avec elle, manger la compote de pruneaux ( j’ai cru vomir ) pendant qu’elle mange la part de camembert… Et au final, la regarder de bonne humeur et enjouée engouffrer une banane sans même s’en rendre compte et sourire à son air surpris quand elle dit :
-Oh ! tiens j’ai mangé toute la banane !
je l’aime.

Finalement je suis parti à 18h30 de l’hôpital, ma mère restant avec elle jusque 19 heures, fin des visites. Je n’irais pas demain car elle doit avoir pas mal de monde qui ira, et je ne veux pas lui créer de fatigue. Mais j’y serais lundi. En sortant, devant l’hôpital, j’ai demandé à Yvan de mettre mon fauteuil au niveau des bancs. J’ai allumé une cigarette, pris une profonde inspiration, mon téléphone portable, et j’ai appelé mes deux soeurs ainsi que l’une de mes tantes.. Et je les aient envoyées chier comme jamais je ne les avaient envoyées chier… Ca ne répondait plus au bout du fil… Parce que merde, qu’y-a-t-il de plus important là que ma grand-mère ? Les sorties, les copines, ça va cinq minutes hein… Et croyez moi, cela m’a fait un bien fou. Parce que ma grand-mère a bientôt 89 ans, et qu’elle a besoin de nous. Et qu’elle n’est pas éternelle. Et que cette bande d’hyprocrites qui jamais ne prennent le temps de passer ne serait-ce qu’un coup de téléphone seront tous là à la pleurer le jour de son enterrement quand malheureusement elle partira.

En arrivant à la maison, ma mère m’a dit qu’elles l’avaient appelée. Elles viennent demain voir ma grand-mère.. Je n’ai pas encore pû joindre le membre de ma famille qui s’est permis de dire à ma mère qui lui disait que ma grand-mère ne mangeait pas : Ah elle nous fait son anorexique encore !!, mais cela ne saurait tarder. Si je n’arrive pas à la joindre ( bizarrement, depuis que ma mère lui a raccroché au nez, elle ne répond plus), j’irais la voir chez elle afin d’avoir une explication…Parce qu’en plus d’avoir dit un truc totalement hallucinant de méchanceté, et d’accuser ma grand-mère ( avec elle de toute façon c’est toujours de sa faute. Le téléphone ne marche pas ? AH qu’est ce qu’ELLE a fait ENCORE ? ) de faire son cinéma ( alors que merde, l’opération qu’elle a subie, ce n’est pas rien croyez-moi !), sa façon de parler a aussi beaucoup blessée ma mère. Et que ma mère et ma grand-mère, on ne les touche pas. Pas sans conséquences dans tous les cas.  J’ai un mot qui me vient en pensant à elle là mais je crois qu’il vaut mieux que j’évite de l’écrire…

Enfin, je suis enfin chez moi et je suis vraiment fatigué ce soir. Hier, après ma sortie à la clinique, j’étais allé voir ma grand-mère et je dois avouer que je me fatigue vite, parce qu’en rentrant, je me suis allongé avec l’ordinateur, je me suis endormi. Yvan a eu toutes les peines du monde à me réveiller pour me faire manger et prendre mes médicaments. J’ai mangé couché et me suis rendormi immédiatement après pour ne me lever qu’à 10h15 aujourd’hui. Pour couronner le tout, j’ai une sorte d’énorme ganglion sous la gorge. Il me fait mal, j’ai du mal à avaler ma salive, tourner la tête et parler..Et là, je me demande comment je peux avoir un ganglion avec la vancomycine+la rifampicine mais bon, plus rien ne m’étonne alors.

PS : Je passerais demain sur les blogs, je répondrais aux commentaires demain aussi ( ça, sa concerne uniquement Anne-Sophie, seule à avoir laissé trace de son passage Clin doeil) car je vais rester au calme pour ce soir.

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