Archive de la catégorie ‘quotidien’

Protégé : Recapitulatif

Jeudi 14 octobre 2010

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Protégé : Reprise

Samedi 31 juillet 2010

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Et oui, je suis ENCORE hospitalisé ! ( article édité le 22/06)

Lundi 21 juin 2010

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Je vous parle en direct de la chambre 357, côté fenêtre… Et j’en ai marre… VRAIMENT

J’ai les visites autorisées de 12 h à 20h, sans aucune restriction de nombre de visiteurs dans ma chambre parce que je suis déprimé il paraît ( j’aimerais bien vous y voir tiens, à ma place, qui ne déprimerait pas ??? ).

DO YOU WANT CODEIN ?

La codéine, pourtant bien moins forte, semble faire plus effet que le skénan sur moi. Alors on m’en donne à hautes doses. Alors je suis déchiré, je planne totalement, j’ai l’impression que mes bras et mes jambes sont dans du coton et j’ai les oreilles qui bourdonnent. Je passe par des phases d’euphories hallucinante.. et j’prend un de ces panards !!!

J’ai une sale gueule, mais je m’en fiche, personne n’a idée à quel point !

Je ne sais pas quand je sort, ça fait partie des grands mystères de l’hospitalisation ça, tu sais quand tu rentres, tu ne sais pas quand tu sort ni comment d’ailleurs !

Avant que certaines personnes continuent d’ouvrir leur bouche et de parler sans savoir, niveau visite, essayez d’utiliser ce qui vous sert de cerveau !

Ma petite soeur, est en arrêt pour dépression. Elle passe ses journées dans le noir dans sa chambre alors oui elle veut venir mais je préfère qu’elle sorte avec des amies à elle, parce que la clinique, c’est déprimant les gens. Ma mère, quand elle ne bosse pas va déjà voir ma grand-mère en centre de rééducation tous les jours après ses heures de boulot, ainsi que le week end parce que, ma grand-mère niveau visites c’est le désert.. Elle est fatiguée, ce n’est pas un robot, c’est pourquoi je ne veux pas qu’elle vienne trop non plus. Elle a assez de soucis entre ma grand-mère et ma petite soeur vous ne croyez pas ? Mes tantes croulent sous le travail, elles passent me voir MALGRE TOUT entre deux transports.. Ma grande soeur ? Bah ok en ce qui la concerne elle ne vient ni me voir moi, ni ma grand-mère mais bon, quand on ne connaît pas les gens on ne se permet pas de juger. Vanessa et Yvan sont là, cela me suffit largement. ( De toute façon je suis déchiré alors je m’en fiche ).

Je voulais dire un truc mais je ne sais plus quoi ( ça me fait rire en plus je suis complétement à l’ouest vous savez ?? ), donc je vous laisse avec deux photos prises aujourd’hui. La vue de la fenêtre de ma chambre ( super, ça me file les glandes…. ), et la vue de ma chambre depuis mon lit. Des photos de moi demain, là j’avais une sale gueule il paraît !

Je vais passer sur les blogs, mais si je ne passe pas chez tout le monde, c’est que je me suis endormi…

Muhahaha vous savez quoi ? J’allais poster sans les photos !!!

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EDIT au 22/06 :

 

Bonjour à tous. Je suis désolé mais je n’ai pas la tête à écrire. Je n’ai actuellement la tête à rien. Je ne sais quoi dire dans mon blog. C’est pour cela que je ne dis rien. Il n’y a rien d’intéressant. Je passe mes journées coincé dans une chambre de clinique,que voulez vous qu’il s’y passe ? Quelques photos seront publiées au compte goutte ICI si cela vous intéresse. Désolé !

Le jour où … j’ai eu un gros coup de pression

Samedi 12 juin 2010

Je reprend ce blog maintenant que je suis rentré en vous racontant simplement une partie de cette journée. Parce que j’écris avant tout pour moi et que je n’ai pas envie de revenir sur mon hospitalisation ou autre. Pour ce que cela vous intéresse de toute façon.. Réveil difficile, c’est dingue le nombre d’heures de sommeil que j’ai enchaînées depuis la veille… La perfusion passe pendant que, musiques aux oreilles, j’écris. La journée s’annonce relativement calme, juste le passage à cette exposition qui me stresse un peu. C’est en ville, il va y avoir du monde. De toute manière, je n’y vais qu’une petite heure, car cela engendre trop de fatigue, et debout, pas en fauteuil roulant car cela engendre trop de regards.

Au fur et à mesure que le temps passe, je n’ai plus envie d’y aller. Mais mes amis y sont, ma mère y est allée alors.. Je recule simplement l’heure, pour au final me dire que je passerais en fin d’après-midi. Cela m’occupera, je cogite trop, une fois de plus.

Un coup de fil me ramène à la réalité, on m’attend, il y a énormément de monde, on risque d’avoir du mal à se trouver une fois dans la galerie..

Je crois que je ne me suis jamais habillé aussi vite. Nous partons en laissant dans le coffre de la voiture mon fauteuil roulant, heureusement par ailleurs!

Une fois sur place, je passe par derrière, effectivement, la galerie est pleine. L’exposition est belle, tout est parfaitement entreposé. J’aperçois la directrice au loin en train de discuter, et une main se pose sur mon épaule. Mes amis sont là depuis une éternité, ils attendaient d’avoir mes premières impressions avant de partir. Ils sont crevés qui plus est. Je suis halluciné par la quantité de jeunes, gothiques, présents. En même temps, avec un thème tel que «Mort et solitude», je ne devrais pas être étonné.

Nous parlons un bon moment, je fais l’erreur d’accepter une petite coupe de champagne, mais bon, beaucoup sont là, un verre à la main alors..

Yvan est reparti sans même que je le sache, ce qui va s’avérer quelque peu problématique rapidement. Le verre, que j’ai pourtant bu très doucement, me donne, mélangé aux médicaments divers, de sacrés effets. J’ai subitement l’impression que le sol sous mes pieds n’est plus droit mais qu’il descend en pente sur ma droite.. Les sons me viennent bizarrement, une drôle de sensation à la limite de l’engourdissement me prend les bras et les jambes.. Bordel de merde, je suis bourré !

Je ne montre cependant rien, je meurs de chaud, quelle idée d’avoir mis ce pantalon de costume et cette chemise en soie, tout en noir, je crève littéralement… Je demande à ce que nous allions nous asseoir un moment. Mon téléphone vibre dans ma poche. Et, allez savoir pourquoi, je sais que c’est ma mère..

Ma grand-mère n’a pas le moral, elle ne mange pas car elle a peur de vomir.. Et… bien que la veille on m’ait dit de ne pas venir le week end car tout le monde allait le faire, personne à part ma mère n’est allé la voir. Je suis hors de moi, et le fait d’être à l’ouest avec les médicaments combinés au champagne, je gueule dans la galerie, ne prenant pas vraiment tout à fait conscience que tout le monde me regarde…Je lui dis que j’arrive immédiatement, le temps de rappeler Yvan. Ce que je fait tout de suite avant de sortir devant la galerie fumer une cigarette accompagné de mes trois amis encore présents. Je suis dans une colère monstrueuse, et je sais que cela peut mal se terminer car dans ces cas-là, je ne sais me contrôler… Mes amis restent silencieux, un silence prudent car ils savent qu’un rien pourrait me faire perdre le contrôle. Lorsque j’arrête de parler, ce n’est jamais bon signe…  Ma mère me rappelle afin de me dire que ma grand-mère a de nouveau de la morphine, et qu’on lui a injecté un anti-vomitif. Que l’infirmière lui a expliqué qu’il faut se forcer un minimum a manger ( je connais le refrain.. ) et me demande où je suis…

J’explose : BORDEL JE SUIS AUX BEAUX ARTS, YVAN A PAS L’AIR DE BOUGER SON CUL MERDE !!!

Tout le monde me regarde à nouveau, je rappelle Yvan parce que là, je fulmine, et il me dit : je fini ma cloppe, je me rase et j’arrive.
Je ne sais pas, honnêtement, comment je fais pour ne pas exploser. Il m’indique qu’il sera là à 16h30, il est 16h, je regrette amèrement d’être descendu à cette exposition mais en même temps, je n’avais guère le choix. Qu’il ose me dire qu’il prend le temps de fumer et de se raser ( pourquoi ne l’a-t-il pas fait quand il m’a amené alors?? ) avant de venir me chercher me met les nerfs en pelote. Je me lève pour revisiter la galerie, change d’avis, fait demi tour et me rassoie sur le banc, m’allumant à nouveau une cigarette.. Et je meurs toujours de chaud…  Une gothique sort et vient se poster à côté de moi, et me pose tout un tas de question sur l’exposition, me donne son avis, me demande ce que j’en pense. Je ne sais plus très bien mais je crois que je l’aie envoyée balader. Yvan arrive à 17 heures, je crois que je suis tellement au bord de l’explosion que c’est ce qui fait que je ne dis rien… 

Enfin, nous partons direction l’hôpital, à l’autre bout de la ville.. Et comme toujours là-bas, le parking est plein, nous nous garons loin et prenons le fauteuil pour y aller ( génial, tout le monde croit que je viens pour moi… ).

Et enfin, je peux prendre place aux côtés de ma grand-mère, qui, avouons-le ( il est très moche ce mot tiens ! ), n’a pas bonne mine. Mais, à force de discuter, j’arrive à lui faire retrouver le sourire, à la remotiver. C’est au final très bête, toujours les mêmes phrases, les mêmes gestes. Je sais que je ne suis pas quelqu’un de tendre, ou de « câlin », je suis relativement froid même avec ceux que j’aime, alors je sais que certains de mes gestes la surprennent car elle n’y est pas habituée, mais surtout la touche beaucoup. Ma main dans la sienne cet après-midi. Main sur laquelle elle s’est refermée pour ne plus me lâcher, main grâce à laquelle elle.. a accepté de manger..

Sans avoir besoin de me mettre dans tous mes états ou de m’énerver comme le fait ma mère ( parce qu’il faut être honnête, cela ne sert à rien à part énerver ma grand-mère elle-même ), simplement lui tenir la main, lui expliquer que je sais ce que c’est. Que oui, la peur de vomir coupe la faim, que oui, rien ne fait envie et rien ne passe,que oui, le goût pâteux qui reste en bouche est simplement immonde, que oui, ce n’est pas trop grave puisqu’elle aussi a droit au fameux G5, mais tout de même, c’est toujours ça de pris pour pouvoir sortir de là.
Caresser son pouce avec le mien le long de cette conversation et la voir,de l’autre main, prendre une cuiller ( non il n’y a pas de faute, je l’écris comme je le prononce car je ne dis jamais « cuillère » les deux écritures sont admises) et manger un peu de soupe, et un peu de purée.. Trancher la tranche de jambon en deux et faire moitié-moitié avec elle, manger la compote de pruneaux ( j’ai cru vomir ) pendant qu’elle mange la part de camembert… Et au final, la regarder de bonne humeur et enjouée engouffrer une banane sans même s’en rendre compte et sourire à son air surpris quand elle dit :
-Oh ! tiens j’ai mangé toute la banane !
je l’aime.

Finalement je suis parti à 18h30 de l’hôpital, ma mère restant avec elle jusque 19 heures, fin des visites. Je n’irais pas demain car elle doit avoir pas mal de monde qui ira, et je ne veux pas lui créer de fatigue. Mais j’y serais lundi. En sortant, devant l’hôpital, j’ai demandé à Yvan de mettre mon fauteuil au niveau des bancs. J’ai allumé une cigarette, pris une profonde inspiration, mon téléphone portable, et j’ai appelé mes deux soeurs ainsi que l’une de mes tantes.. Et je les aient envoyées chier comme jamais je ne les avaient envoyées chier… Ca ne répondait plus au bout du fil… Parce que merde, qu’y-a-t-il de plus important là que ma grand-mère ? Les sorties, les copines, ça va cinq minutes hein… Et croyez moi, cela m’a fait un bien fou. Parce que ma grand-mère a bientôt 89 ans, et qu’elle a besoin de nous. Et qu’elle n’est pas éternelle. Et que cette bande d’hyprocrites qui jamais ne prennent le temps de passer ne serait-ce qu’un coup de téléphone seront tous là à la pleurer le jour de son enterrement quand malheureusement elle partira.

En arrivant à la maison, ma mère m’a dit qu’elles l’avaient appelée. Elles viennent demain voir ma grand-mère.. Je n’ai pas encore pû joindre le membre de ma famille qui s’est permis de dire à ma mère qui lui disait que ma grand-mère ne mangeait pas : Ah elle nous fait son anorexique encore !!, mais cela ne saurait tarder. Si je n’arrive pas à la joindre ( bizarrement, depuis que ma mère lui a raccroché au nez, elle ne répond plus), j’irais la voir chez elle afin d’avoir une explication…Parce qu’en plus d’avoir dit un truc totalement hallucinant de méchanceté, et d’accuser ma grand-mère ( avec elle de toute façon c’est toujours de sa faute. Le téléphone ne marche pas ? AH qu’est ce qu’ELLE a fait ENCORE ? ) de faire son cinéma ( alors que merde, l’opération qu’elle a subie, ce n’est pas rien croyez-moi !), sa façon de parler a aussi beaucoup blessée ma mère. Et que ma mère et ma grand-mère, on ne les touche pas. Pas sans conséquences dans tous les cas.  J’ai un mot qui me vient en pensant à elle là mais je crois qu’il vaut mieux que j’évite de l’écrire…

Enfin, je suis enfin chez moi et je suis vraiment fatigué ce soir. Hier, après ma sortie à la clinique, j’étais allé voir ma grand-mère et je dois avouer que je me fatigue vite, parce qu’en rentrant, je me suis allongé avec l’ordinateur, je me suis endormi. Yvan a eu toutes les peines du monde à me réveiller pour me faire manger et prendre mes médicaments. J’ai mangé couché et me suis rendormi immédiatement après pour ne me lever qu’à 10h15 aujourd’hui. Pour couronner le tout, j’ai une sorte d’énorme ganglion sous la gorge. Il me fait mal, j’ai du mal à avaler ma salive, tourner la tête et parler..Et là, je me demande comment je peux avoir un ganglion avec la vancomycine+la rifampicine mais bon, plus rien ne m’étonne alors.

PS : Je passerais demain sur les blogs, je répondrais aux commentaires demain aussi ( ça, sa concerne uniquement Anne-Sophie, seule à avoir laissé trace de son passage Clin doeil) car je vais rester au calme pour ce soir.

Aujourd’hui, j’aurais dû partir au Mont Blanc

Dimanche 6 juin 2010

Et puis au final, pour toutes les raisons déjà expliquées, nous avions reporté au 10. Je ne partirais pas le 10 non plus. D’ailleurs, je ne pars pas au Mont-Blanc. Ni en Auvergne. Mais je vais tout de même dans les Hautes-Alpes. Parce que c’était chez mon père, parce qu’en août cela fera un an. Vous me direz que tant que le médecin ne m’a pas donné le feu-vert, c’est un peu présomptieux de ma part d’avancer de telles choses. Ce serait bien mal me connaître. Ils sont équipés là-haut. Il y a des cliniques, des hôpitaux, des services de soins, des médecins. Pourquoi dans ce cas je n’irais pas ?

Tout cela après tout, n’est-ce pas simplement une histoire d’organisation ? A chacun son leitmotiv, moi je retournerais là-haut. Et je me fiche totalement de ce que chacun peut bien penser de ma déçision.

Vous savez quoi ? J’ai mal dormi… Je ne vais pas accuser la douleur, parce que je la supporte en ce moment. Je veux dire, elle n’est pas aussi prenante qu’elle a pû être dernièrement. Biensûr elle est présente, mais « presque vivable » ( expression stupide, la douleur, cela n’est pas normal, partant de là, comment peut-on dire qu’elle est vivable ?) Je ne vais pas vous dire aussi que l’on s’y fait, parce que celui qui vous dira cela un jour n’a pas la moindre idée de ce que c’est d’avoir réellement ce type de douleur, qui est là, en permanence, qui vous mange nerveusement. On ne peut pas s’y habituer, c’est un mensonge. Dans un sens tant mieux, je trouverais ce type d’habituation relativement « pathétique ».

Je ne suis pas passé sur les blogs hier, j’ai validé vos commentaires sans y répondre, je le ferais aujourd’hui. Je ne l’ai pas fait car après avoir validé, j’ai eu un petit coup de barre. Donc j’ai décidé de m’allonger avec le pc. Sauf que lorsque j’ai retiré mes chaussures, j’ai pû constater que mon pied avait à nouveau gonflé, comme le jour où j’ai été hospitalisé je veux dire. ( D’ailleurs, à l’heure actuelle, je ne peux plus chausser mon pied gauche, à nouveau.)

Et ça a généré une véritable ANGOISSE.Celle qui te rend malade. Celle qui te tiens à l’estomac, celle qui te fait limite somatiser. La peur. Pas peur des événements, ou peur que les perfusions soient inefficaces ( je ne doute pas, à dire vrai, de leur efficacité, je sais aussi que c’est un produit qui est lont à agir, et que le staph a déjà bien progressé avant la mise en place de celui-ci ). La peur, stupide certainement à vos yeux, que l’on me dise demain : vous restez. C’est un fait dont je suis parfaitement conscient, je ne suis pas courageux. Je n’ai pas le courage de certaines personnes, je ne supporte pas l’enfermement, le fait d’être couché, toutes ces choses-là. Vous allez me dire que certaines personnes le supportent parce qu’elles n’ont pas le choix. Je le sais bien. Mais même pour ces choses-là, je n’en ai pas le courage.

Je ne suis pas fait pour cela ( mais c’est stupide ça aussi, personne n’est fait pour cela ! ). Je vis en temps normal en montagne, à 1300 mètres d’altitude. Mon mode de vie, c’est la nature, c’est être dehors. Avant tout cela, mon mode de vie c’était descendre en ville pour étudier, faire de l’athlé. Autrement, c’était des randonnées, des trecks, des sensations fortes, une quête perpétuelle d’adrénaline. Ce qui vous faisez rire au final, les blessures n’étant pas rares. Chevilles, péronés, genoux, coude, doigts, poignets, sutures, oui en effet, je me suis souvent blessé. Mais cela n’était « rien ». Et surtout, cela ne m’empêchait en rien de faire ce que j’aimais par-dessus tout. Au final, annuler le Mont-Blanc n’est pas une mauvaise chose. Qu’aurais-je pû faire là-bas ? Le regarder depuis son pied ??

Resté couché pendant la perfusion. Ecouter Santana. Passer du temps avec les chiens. Rire avec ma cousine. Téléphoner comme chaque jour à ma grand-mère, lui dire que cela va beaucoup mieux à présent. Regarder sur un balcon des voitures passer. Chercher du regard la montagne… Regarder la mer au final, presque par dépis. Ecouter Fruhling in Paris, penser à Elle. Passer deux heures sur internet à chercher un MMORPG français, gratuit et non violent pour ma cousine ( ce qui est, sâchons le, tout bonnement impossible). Manger un peu, garder l’estomac noué. Demain, rendez vous.. Tenter de ne pas y penser. Boire un sixième café parce qu’au final, il n’y a que cela qui passe bien, bizarrement. Faire un « trois » mains sur le piano. Rire pour rien. « Prendre l’air » dans la résidence. Terminer en arrière sur le dos en tentant un wheeling raté en fauteuil, au beau milieu du salon, et avoir un fou-rire. Imiter Docteur House, debout avec la canne, en disant : It’s not a lupus, it’s never a lupus. Siroter une despérado parce que cela me faisait envie depuis trop longtemps. La siroter longuement et puis à cause d’elle s’endormir sur le canapé. Se réveiller à 17 heures devant la finale Roland-Garros, alors que jamais je ne regarde le sport à la télévision. Boire encore un café. Laisser fondre du Temgesic sous sa langue en se demandant pourquoi on ne les fait pas à avaler tout simplement ( comme le Solupred… c’est quand même dégueulasse ces cachets qui fondent sous la langue ). Réflechir, se recentrer. Penser à Elle. Hésiter à l’appeler… Partir s’occuper sur le blog…

Au final, je pourrais ajouter se faire une montagne de pas grand-chose. Demain, je passe un bilan oui. Et mon pied a de nouveau gonflé, oui. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il va me garder. Et s’en inquieter à l’avance ne changera de toute façon rien à l’affaire.

Je me défoule ici aujourd’hui, bizarrement. Sûrement parce que je ne voie pas vraiment où je pourrais le faire. Ma cousine a fait une erreur fatale, elle est allée demander des conseils médicaux à « gogole« . Le moteur de recherche qui t’annonce un cancer alors que tu as un bouton, si vous voyez ce que je veux dire. Alors elle parle de choses qu’elle ne connaît ni ne maîtrise ( SARM, pseudomonas).. Rien de tout ce qui me concerne, bien évidemment. Elle me parle de.. Guillaume Depardieu.. ( Elle est charmante et encourageante n’est ce pas ? ), alors que l’on ne peut comparer l’incomparable. Et puis elle a lu des choses sur l’ostéomyélite. Alors elle se fait tout un tas de films. Elle aussi je crois, s’inquiète à l’avance. Mais avec des sujets irréalistes. Elle s’angoisse à propos de choses qu’elle ne maîtrise pas, de témoignages glannés sur des forums. Je ne fais aucunes recherches sur internet sur ce sujet. Ce que j’ai à savoir, je le demande au médecin qui me suit.

Alors je n’ajoute rien à ses angoisses, qui n’ont déjà pas lieues d’être. C’est aussi cela quand on attrape quelque chose, rassurer ses proches. Et puis qui mieux que nous peut le faire ? Qui croiraient-ils plus que nous lorsque nous disons que ça va ? Il n’y a que dans les films je crois, que les proches rassurent la personne qui a un soucis de santé. Dans la réalité, c’est plus souvent le contraire qui se produit j’ai l’impression.Voilà pourquoi je pense, il m’arrive souvent de culpabiliser par rapport au soucis que je génère chez mes proches.

Au final, je lui ai proposé de m’accompagner demain. Je n’ai rien à lui cacher, et je pense que cela pourra grandement la rassurer. Je pense qu’elle posera tout un tas de questions, bien plus que moi à dire vrai emoticone. Mais je pense aussi que cela lui permettra de se rendre compte de la différence entre ce que je nomme faute de mieux « ma réalité » et ce qu’elle a lu sur internet. Aussi et surtout, elle se rendra compte que je ne lui cache rien.

L’infirmière ne va pas tarder, je passerais sur les blogs après méchage et changement du pansement ( sans oublier la sempiternelle injection, dans la cuisse aujourd’hui emoticone)

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